jeudi 28 janvier 2010
Extraits de conférences du père Marie-Dominique Philippe à Agapé (suite)
Par La Rédaction, jeudi 28 janvier 2010 à 11:18 :: Rencontres
Pour compléter notre article du 23 janvier, voici encore quelques extraits des notes prises à l’occasion des conférences que le père Marie-Dominique Philippe donnait lors des éditions 2004 et 2006 du Festival.
Agapé 2004
Il faut faire beaucoup de répétitions, mais quand l’artiste joue, il ne répète pas, il vit ! C’est cela que l’art maintient de si beau et de si grand : cette spontanéité vivante de l’intelligence.
L’artiste est le sauveur de la qualité, il maintient les choses belles. La beauté, c’est quelque chose que je ne possède pas, c’est quelque chose que je contemple.
L’artiste, c’est l’homme des sommets, des crêtes. Les sommets, personne ne les regarde, mais lui les regarde, il y est comme suspendu. Il verra ce que les autres ne voient pas, il a le regard qu'il faut tout de suite, il saisit cela. Il s’intéresse à cela. Il contemple. Ce qu’il y a de très beau dans l’art, c’est qu’il me permet de sortir de ce monde de pure quantité, ce monde purement économique, et de saisir les sommets.
L’art maintient, dans l’intelligence et dans la volonté, le sens de la gratuité, il maintient quelque chose d’unique : la découverte de ce qui est beau.
Le beau est inédit, il est unique. Il demande d’avoir un regard très pur. Mais pour arriver à le réaliser, il faut beaucoup de travail. Autrement c’est fade !
Dieu aime la beauté. C’est l’homme qui oublie la finalité, qui tombe dans la laideur. Dieu n’aime pas la laideur, parce que la laideur, c’est un manque de forme. Le beau, c’est la splendeur de la forme. En ce sens, l’art ne vieillit pas.
Agapé 2006
L’art nous fait poser des vraies questions, à savoir si l’homme est seul à vivre ou s’il y a en lui une possibilité, non seulement de dépassement sensible, mais de dépassement spirituel. La vie spirituelle naît de l’art, et pour maintenir cette vie, il faut maintenir le sens de l’art. Quand le sens de l’art disparaît, la vie spirituelle disparaît.