Blog Agapé

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lundi 14 février 2011

Remerciements*


En tant que Président de l'Association Agapé, et alors que cet immense spectacle consacré à l'histoire de Jérusalem vient de nous être donné, je tiens à saluer et à remercier tous ceux parmi vous qui ont rendu possible cet événement à Genève. Les artistes ne m'en voudront pas de me tourner en premier lieu vers Jordi Savall.

Cher Jordi,
La grande organisation internationale ne s'est pas trompée, lorsqu'elle vous a nommé avec Montserrat Figueras, Artistes de l'Unesco pour la paix. Je veux au nom de tous ce soir saluer en vous un maître en humanité. Avec la musique, vous nous avez permis de vivre un moment de communion unique entre artistes et mélomanes de différentes cultures et religions. Vous avez montré que le dialogue est possible au-delà des divisions historiques et que la médiation de la musique permet de rejoindre l'homme dans ce qu'il a de plus profond.

Je veux remercier aussi très chaleureusement tous les musiciens venus d'Arménie, d'Irak, d'Israël, de Palestine, de Turquie, sans oublier de très nombreux pays d'Europe. Merci à chacun de vous de nous avoir donné le meilleur de vos traditions respectives dans un esprit de dialogue dans le respect de chacun. Nous devinons le travail immense que vous avez dû réaliser ensemble, les dépassements exigés, et nous tenons à vous dire combien nous sommes en admiration devant tout ce labeur.

I want to thank also very warmly all the musicians who came tonight from Armenia, from Iraq, from Israel, from Palestine, from Turkey, without forgetting those from very numerous countries of Europe. Thanks to each of you to have looked to us the best of your respective traditions in a spirit of dialogue in the respect for each. We guess the immense work that you have to realize together, the required over takings, and we make a point of telling you, how much we are filled with admiration for all this achievement.

Voilà 20 ans qu'ici à Genève, le Festival Agapé permet aux artistes et au public de vivre cet esprit d'ouverture et ce soir, au Bâtiment des Forces Motrices, vous tous, chers artistes, vous en avez témoigné tout particulièrement.

Ma gratitude se tourne vers Olivier Mégevand, Président d'honneur de cette 10e édition du Festival. Son soutien inébranlable au Festival Agapé depuis 20 ans nous honore et je tiens ici devant vous tous à l'en remercier vivement.

Je tiens à exprimer ma reconnaissance au Conseil d'Etat de la République et du canton de Genève, qui a accepté, in corpore, de faire partie du Comité d'honneur de cette 10e édition du Festival Agapé, mais également à Monsieur Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale française, qui regrette vivement de ne pas être avec nous ce soir.

Je tiens à saluer respectueusement les représentants officiels des nombreux pays qui nous font la joie de leur présence, les représentants de la Plateforme Interreligieuse de Genève qui ont tenu à soutenir ce projet, et à remercier de leur présence ce soir, le Grand Rabbin Marc Raphaël Guedj, Madame Nemat Mardam-Bey ainsi que Monsieur Hafid Ouardiri étant excusés.

Permettez-moi maintenant de remercier tous nos sponsors, et très spécialement le Crédit Agricole Suisse, qui a choisi d'être le parrain officiel de cette soirée. Nous tenons à remercier également la Fondation Ousseimi, la Fondation Stanley Thomas Johnson, ainsi que la Loterie Romande.

Puisse, chers amis, le moment inoubliable que nous avons vécu ce soir nous rappeler l'urgence du dialogue qui passe par la reconnaissance de la dignité de la personne humaine, le respect des cultures et des traditions… Et si la musique, langage de la beauté, pouvait encore et encore nous le rappeler.


*Discours de Marc Leleu, Président de l'Association Agapé, à l'occasion du cocktail qui a suivi le concert Jérusalem, le 29 janvier 2011, au BFM.

jeudi 10 février 2011

Agapé, un chemin de beauté pour une "Ascension"


Ce Festival qui devient pleinement lui-même lorsqu’il n’est plus simplement une suite de concerts !

Cette 10e Edition nous a encore fait vivre ces moments uniques…

Cette année, les lieux étaient différents, l’organisation s’est trouvée modifiée, elle était parfois acrobatique, mais Agapé dans son esprit s’en est trouvé inchangé, confirmé, renforcé :

Les concerts ont été sublimes ! Au fil des Éditions, c’est tout un répertoire qui se dévoile, avec autant de qualité, de diversité, d’interprétations que de musiciens. En fait, Agapé, c’est une ascension ! La musique peut nous emmener très loin… elle le fait. Elle nous change. Elle part de chacun, là où il se laisse toucher. Elle dévoile des horizons, parfois insoupçonnés, du cœur de l’homme, de son histoire, joyeuse ou douloureuse, de sa quête d’absolu. Le chemin commence…

Agapé, ce sont alors des rencontres : des auditeurs avec la musique, mais aussi entre les personnes elles-mêmes. Écouter un artiste donner son œuvre et le rencontrer par ailleurs est en fait, un seule et même rencontre, les deux aspects s’appelant mutuellement. La musique n’agit plus seule. Une véritable communion dans ce Festival se vit avec ces acteurs de la beauté : une cordée s’est formée, ce sont des instants inédits, un cœur à cœur... Le « miracle » d’Agapé se réalise.

Agapé, ce sont des artistes, mélomanes, bénévoles, religieux, qui accueillent et favorisent ce climat… Et si cette inspiration venait d’encore plus haut ?

Cécile G.

lundi 7 février 2011

La Paix retrouvée


Les organisateurs du Festival Agapé se seraient-ils trompés en choisissant comme thème pour cette 10e édition "La Paix retrouvée" ? Au lendemain du Festival, en écoutant la radio et en lisant les médias, nous entendons parler encore de catastrophes, de révolutions, de violations des droits de l'homme, d'injustice, de guerre, d'enfants martyrs… à l'évidence, la paix n'est donc pas encore retrouvée. Et pourtant, tout a peut-être changé un peu pour les artistes et le nombreux public du Festival Agapé qui ont vécu à Genève trois journées d'exception, les 28, 29 et 30 janvier, à l'écoute de la musique.

Un combat
Si en 2008, le Festival Agapé nous invitait à vivre une Epopée, cette année nous étions plutôt conviés à livrer un combat, que la musique a d'ailleurs si bien exprimé. Il a fallu, en effet, un esprit de conquête pour que ce Festival explore d'autres chemins, jamais faciles. Ce fut la découverte d'autres lieux, d'autres rythmes, faits de si riches rencontres qui ont permis cette nouvelle étape. Il faudrait ici témoigner du très long parcours nécessaire aux artistes pour mettre en place le concert Jérusalem. Pour tous ces musiciens réunis par Jordi Savall, venus de traditions diverses, voire hostiles les unes envers les autres, il a fallu le temps de l'apprivoisement et de l'écoute pour réaliser cette œuvre commune.

Samedi soir en effet, le concert emblématique donné par la Capella Reial de Catalunya, l'ensemble Hespèrion XXI et les musiciens invités d'Israël, de Palestine, d'Arménie, d'Irak et de Turquie s'ouvrait dans le vacarme assourdissant des Trompettes de Jéricho destinées à détruire les murailles de l'ennemi. A n'en pas douter, les trompettes ont bien retenti dès le début du Festival, faisant tomber les frontières et les barrières de la haine et en permettant ainsi à des hommes de toutes cultures et de toutes religions de se retrouver pour chanter Agapé et la joie de la Paix retrouvée.

Dona nobis pacem
Les amis du Festival auront été assurément marqués aussi par la programmation sublime du concert d'Arlette Steyer, proposant au public de vivre avec la Maîtrise de Garçons de Colmar un chemin de souffrance, de doute, mais aussi de lumière et d'espérance. Au terme du concert, Arlette Steyer s'adressait au public conquis de l'Abbaye de Bonmont, en lui transmettant ces paroles si impressionnantes : "Pardonnez-nous pour ce concert qui a été très exigeant, mais la paix est toujours une conquête". En ce sens, aucun n'oubliera cette extraordinaire pièce Dona nobis pacem de Peteris Vasks, où ces trois mots ont été chantés et rechantés inlassablement comme une litanie, avec force puis douceur, pour s'achever enfin par le Lux Aeterna… où la lumière semble chasser à jamais les ombres de la nuit.

Comme une chanson
Vendredi après-midi, le Festival s'était ouvert déjà par un enchantement : la poésie de Marie Noël, d'emblée transformée par le talent unique de Marie-Christine Barrault, s'égrenait comme une chanson répondant au violon baroque de Florence Malgoire.

Rejoice
Le soir même, Florence Malgoire nous invitait à nous réjouir avec elle autour de ses amis artistes, nous faisant partager des moments extrêmes d'intimité avec la poésie de Purcell servie par James Bowman, stupéfiant de simplicité et de délicatesse. La splendeur de la musique s'est aussi manifestée avec éclat dans les pages de Haendel emportées par Coline Serreau, si rayonnante et dynamique. Durant toute la soirée, le Chœur Novantiqua de Sion a rivalisé de compétence et su manifester sa communion profonde avec l'esprit du Festival. Cette soirée d'ouverture n'aurait pu assurément avoir lieu sans la ténacité passionnée de Florence Malgoire toujours présente au Festival, depuis longtemps déjà.

Intimité de la musique
L'ensemble Vox Cantoris, lui aussi fidèle invité du Festival, aura donné quant à lui, une fois encore, un chef-d'œuvre, en interprétant la Missa Ave Sanctissima Maria de Pierre Certon, alors que vient de paraître l'enregistrement de cette Messe sous le label Psalmus.
Ainsi, le Festival Agapé poursuit avec Jean-Christophe Candau la mise en lumière d'un patrimoine multiséculaire, trop oublié, pour lui redonner vie.

Le dimanche matin, la Salle des Abeilles du Palais de l'Athénée était comble pour goûter la musique du 17e siècle d'Italie, d'Espagne et d'Autriche. Les spectateurs auront apprécié le talent virtuose et l'interprétation du Quatuor dirigé par Florence Malgoire.

Concert de clôture
En apothéose, somptueuse fut l'interprétation des Vêpres de la Bienheureuse Vierge Marie de Claudio Monteverdi par Jean Tubéry, dirigeant l'ensemble La Fenice et le Chœur Arsys Bourgogne. Le public, encore nombreux, aura très certainement redécouvert ce chef-d'œuvre du premier maître du baroque. Odile Mallet, comédienne et metteur en scène, amie du Festival de longue date, exprimait avec force à l'issue du concert, son admiration devant la mise en espace lumineuse du concert, digne, disait-elle, des plus grands metteurs en scène. Saluant Jean Tubéry, elle avouait avoir vécu un moment d'exception.

En remerciement
Enfin, le Festival Agapé s'est réjoui de la présence de nombreuses personnalités diplomatiques, politiques et religieuses et des représentants des fondations et entreprises qui ont soutenu sa 10e édition. Que soient ici également remerciés, comme ils l'ont été publiquement durant le Festival par Jordi Savall et Jean Tubéry, les frères et les sœurs de la Communauté Saint-Jean présents durant ces trois jours.

L'esprit du Festival Agapé demeure bien vivant, nous confiaient des amis venus du sud de la France. En se faufilant dans les coulisses et en participant aux moments de rencontres amicales entre bénévoles et artistes, ils ont pu toucher, nous disaient-ils, le climat si particulier d'Agapé, fait d'ouverture, de communion et de partage. Nos remerciements s'adressent aussi à l'ensemble des bénévoles si généreux, qui ont partagé avec l'équipe organisatrice du Festival, la réalisation de ce très grand cru.

Alors, OUI, le Festival Agapé nous a fait vivre la Paix retrouvée, et aujourd'hui, plus que jamais il nous la fait espérer. Et en guise de conclusion, empruntons à Andrea Marcon, membre du Comité d'honneur du Festival et fondateur du Venice Baroque Orchestra, ces paroles qui nous traduisent l'essentiel :

Le Festival Agapé m'a offert les émotions parmi les plus fortes et les plus intenses de ma vie de musicien. Quand les personnes se rassemblent autour de l'amour pour la musique et pour rendre grâce, avec reconnaissance pour Celui qui a tout donné, il arrive que l'on touche aux dimensions supérieures de l'âme, c'est cela Agapé


A tous les artistes, nous redisons un immense merci.

jeudi 27 janvier 2011

La musique ancienne...


Une dame qui me demandait ce que je faisais dans la vie me dit : « Ah moi, la musique ancienne, j’aime bien ! ... Edith Piaf, Jacques Brel… ! ... » Pour elle, ce qui est ancien remonte approximativement à une cinquantaine d’années.

Voici ce que déclarait Marcel Pérès lors d’une conférence prononcée à Genève, à la Haute Ecole de Musique le 14 janvier 2011 : L’expression « musique ancienne » s’est rapidement répandue, dans nos sociétés occidentales au cours des années 1970. A cette époque, « musique ancienne » faisait référence aux répertoires pas vraiment enseignés dans les écoles de musique et désignait surtout les musiques antérieures à Jean-Sébastien Bach.

Dans l’imaginaire actuel de nos sociétés, trois catégories constituent les musiques anciennes : La musique baroque, la musique Renaissance et la musique médiévale. La première catégorie recouvre deux siècles, les XVIIe et XVIIIe; la deuxième un siècle, voire un siècle et demi, de la fin du XVe au XVIe siècle. La troisième catégorie concerne un immense amas d’années et de siècles. Pour certains historiens cette période commence au VIe siècle avec Saint Grégoire, d’autres, en se conformant à l’apparition de la notation musicale, la font commencer au IXe siècle, et à peu près tout le monde est d’accord pour la faire finir vers la fin du XVe siècle.

Ces trois catégories suscitent des intérêts variés : beaucoup pour la musique baroque et peu pour les deux autres catégories. D’un côté, nous avons deux siècles, de l’autre seulement dix siècles !


La musique ancienne et la musique contemporaine souffrent des mêmes maux : elles sont peu connues et diffusées dans le grand public, elles sont décrites souvent comme savantes, austères, difficiles, élitistes, etc... Une journaliste me demandait un jour si nous n’étions pas trop élitistes ! je lui ai répondu que pour celui qui ne fait jamais le pas de découvrir ce qui lui est étranger, au lieu de vivre cette expérience (qui peut le bouleverser), il préfère se replier en disant « ce n’est pas pour moi ! »

Le Festival Agapé est pour tous, particulièrement pour ceux qui n’ont jamais écouté ces musiques anciennes. La convivialité, l’amitié, les rencontres avec les artistes, sont les fondations mêmes du festival qui peut permettre à chacun, quel qu’il soit, de découvrir ces beautés du passé !

S’agissant de notre concert, si vous voulez déjà vous faire une petite idée il suffit d’écouter ici :

Jean-Christophe Candau
Ensemble Vox Cantoris

mercredi 26 janvier 2011

Dernière minute - Billetterie


A partir du 25 janvier 2011, il n'est plus possible de commander des billets par internet et par téléphone : en effet le délai postal est trop court.

Par contre, vous pouvez toujours vous rendre dans les points de vente : Manor, Gare CFF, La Praille et l'ONU... jusqu'au dernier moment.

INFORMATION : IL Y AURA UNE BILLETTERIE OUVERTE 1 HEURE AVANT CHAQUE CONCERT.

Merci et à ce week-end !

mardi 25 janvier 2011

Le parrainage des artistes... un bénévolat enrichissant


S’investir dans le bénévolat du Festival Agapé englobe un grand nombre d’activités différentes. Mais je dois dire que le parrainage des artistes représente un des aspects les plus enrichissants que je connaisse.

J’ai eu la chance et le bonheur de recevoir à deux reprises des artistes de renom. Quelle expérience !

On se trouve au quotidien, chez soi et dans les différents lieux de concert, au contact presque permanent avec des personnes exceptionnelles, mais en même temps tellement simples. Ils nous donnent la possibilité de connaître un peu la vie d’artiste avec leur passion, leur engouement, le dépassement de soi-même au profit de l’exercice de leur art.

Que de joie cela nous a apporté de suivre Jean Davy à toutes ses répétitions et de passer des heures à la maison à parler Théâtre mais aussi à satisfaire leur besoin de repos, de tranquillité, des repas dans la joie.

Que de merveilleux souvenirs aussi des 3 jours passés avec Marcel Pérès et le groupe Organum. De la musique à plus soif nuit et jour dans tous les registres et des échanges si profonds.

Voilà en conclusion, certes un peu de fatigue, mais bien vite effacée par de si beaux et si passionnants souvenirs.

Florence Leleu

lundi 24 janvier 2011

Marcel Pérès nous confie...


Agapé, le lieu où tout devient possible, où les artistes sentent que fondamentalement la première chose qui compte est la rencontre.

Rencontre avec l’équipe des organisateurs, toujours à l’écoute de ce que les artistes peuvent offrir par la profession de leur art, rencontre avec le public dans une multitude de moments autour des concerts, rencontre avec d’autres artistes pour partager la joie de construire une fête collective.

Rencontre enfin avec un souffle - immense, immémorial - qui traverse chaque personne prenant part à ce rassemblement.

Ici nous avons présenté l’essentiel de nos recherches sur la musique des origines avec le chant vieux romain, témoignage des premières liturgies latines.

Nous avons aussi pu exprimer ce qui constitue le cœur de notre travail : la méditation et la contemplation des textes sacrés. Mysteria Apocalypsis, grande fresque sur le texte de Saint Jean où des chanteurs venus de toute la Suisse étaient venus se joindre à l’ensemble Organum et puis cette œuvre si particulière construite sur des textes du Livre des Morts des Anciens Egyptiens : Contemplation, évocation poétique des contrées qui, au-delà de la mort, se révèlent à la conscience. Cet ultime concert qui avait clôturé le festival de 2008 de manière marginale, pour un petit groupe de curieux, était pourtant hautement prémonitoire. Cette audition nocturne nous disait simplement que tout est appelé à disparaître. Que lorsqu’on avance au milieu de l’ombre de la mort le mal ne doit pas être craint et surtout, que les sons ne sont qu’une fréquence vibratoire différente des mondes de lumière.

Marcel Pérès

Quelques mots d'Andrea Marcon...


Le Festival Agapé m’a offert les émotions parmi les plus fortes et les plus intenses de ma vie de musicien.
Quand les personnes se rassemblent autour de l’amour pour la musique (de l’art) et pour rendre grâce, avec reconnaissance vers Celui qui a tout donné, il arrive que l’on touche, à travers l’âme, des dimensions supérieures. C’est ça, Agapé.
Un remerciement sincère à vous et à votre passion !

Andrea Marcon


Texte traduit de l'espagnol

dimanche 23 janvier 2011

Une invitation

« Celui qui s’est élevé jusqu’au niveau du Principe premier, découvre une jouissance à laquelle ne ressemble aucun des plaisirs corporels, et dont aucun n’approche. C’est que les plaisirs sont des soulagements aux douleurs. Mais cette jouissance est un autre genre de plaisir : elle est spirituelle, inséparable de celui qui l’éprouve ; elle ne peut se détacher de lui ; personne n’a assez d’empire sur lui pour être capable de la lui arracher. Si quelqu’un d’autre est associé à cette jouissance, il ne la lui diminue pas et il ne lui fait aucun tort ; au contraire la jouissance est accrue pour lui et sa joie est redoublée... »

Miskawayh, Le Petit Livre du Salut
Philosophe arabo-musulman (932-1030)


Tous les concerts du Festival Agapé, ne seront peut-être que « des plaisirs, soulagement aux douleurs », ils seront sûrement, « oasis de beauté. » Mais chaque édition, depuis près de vingt ans, m’a éveillée à cette musique ancienne, pleine d’émotions, qui nous révèle le désir spirituel de ses auteurs : peut-être nous conduire à la contemplation... ?

Les musiciens et artistes, de réputation internationale, admirables par la qualité de leur travail, par la perfection de leur jeu (en vérité, sans tricherie) connaissent la puissance de cette musique. Certains nous avouent ressentir un grand vide à la fin de leur concert...

Pour nous, amis et bénévoles du festival, nous œuvrons ensemble, « associés » ; malgré l’énorme travail, la fatigue, nous sommes heureux !
Vivre un Festival Agapé, le préparer, rencontrer les artistes, dialoguer, écouter tous les concerts, nous permet de faire un pas, peut-être, vers cette « jouissance spirituelle » dont nous parle Miskawayh.

Suivez-nous sur ce chemin, venez...

Patricia Vulliet

vendredi 21 janvier 2011

Quelques mots de Vincent Dumestre...


Nous avons été invités à plusieurs reprises au festival d’Agapé, en 2002, en 2004 et en 2006, chaque fois avec le plaisir de donner un programme de musique sacrée de notre répertoire depuis le duo chant et luth jusqu’à la grande forme opératique ; et nous y avons apprécié l’acoustique à la fois délicate, généreuse mais précise de l’Eglise Saint-François, l’attention aux artistes de toute l’équipe du festival - y compris les bénévoles, et l’écoute particulièrement attentive et sensible du public.
Ce sera donc un plaisir d’y revenir pour de nouveaux programmes du Poème Harmonique !

Vincent Dumestre

mardi 18 janvier 2011

Conférence de presse avec Florence Malgoire et Coline Serreau


Ce qui domine dans les propos échangés, c’est la grande simplicité de ces deux artistes qui laisse place, de part et d’autre, à une compétence impressionnante.

Florence Malgoire, qui a débuté à 17 ans sa carrière musicale, a donc côtoyé en concert la plupart des grands solistes baroques de notre époque. Violon solo des Arts Florissants, elle connaît son domaine et nous offrira à trois reprises l’occasion de nous émerveiller de sa présence musicale.

  • Avec Marie-Christine Barrault, qu’elle a découverte lors du Festival Agapé 2008, un lien très fort s’est tissé puisqu’un enregistrement discographique les réunira l’été prochain. C’est par elles deux que s’engagera cette dixième édition du Festival Agapé à Genève avec, pour commencer, vendredi 28 janvier 12h, à la chapelle de l'Oratoire, un spectacle poétique et musical autour de poèmes de la grande Marie Noël, et des musiques de Bach, Biber, Matteis…
  • Puis, dans le cadre d'une Carte Blanche qui lui est consacrée le vendredi soir 28 janvier au BFM, où elle invitera James Bowman, contre ténor sublime, Coline Serreau justement, l'ensemble instrumental Les Dominos et le chœur Novantiqua à nous éblouir autour des musiques de Purcell et de Haendel.
  • Puis en Quatuor avec d’autres solistes de son envergure, où la musique virtuose et contrastée du 17e baroque fleurira, le dimanche 30 janvier, au Palais de l'Athénée.


Coline Serreau, quand à elle, est définitivement intarissable et, selon ses propres termes... infatigable !
En fait, son sourire malicieux nous fait comprendre l’énergie intérieure qui l’habite et qui semble ne connaître que peu de limites !

son engagement dans le domaine de l’écologie, avec la sortie il y a plusieurs mois de son film Solutions locales pour un désordre global (à voir ou revoir à 20h Auditorium Arditi, suivi d'un débat en sa présence),
son amour depuis tous temps de la musique qui a marqué sa jeunesse,
sa direction d’un chœur avec lequel elle se produit tous les étés dans La Drôme pendant plusieurs semaines,
son implication dans les mises en scènes théâtrales,
et son rôle d’actrice,
en font une personnalité d’une richesse et d’une compétence étonnante.

Avec elle, on prend conscience qu’il existe un fil rouge unique qui traverse toutes ces différentes palettes exercées avec si grand talent : une humanité impressionnante, un sens de l’art au service des hommes, une quantité de travail accompli avec détermination pour servir l’humanité et lui apporter un jaillissement de joie et d’espérance, voilà ce que j’en ai retenu !

Bravo et merci, Florence et Coline !

Joie de vous retrouver toutes les deux réunies, le vendredi soir 28 janvier à 19h30 au Bâtiment des Forces Motrices,

dans l’art et dans l’amitié
dans la réalisation de cette paix retrouvée, donnée par l’art quand il est vrai.

lundi 17 janvier 2011

Le pouvoir de la musique …


L’esprit d’Agapé c’est aussi tout ce qu’il y a en amont, c’est toute la préparation…
Quand on est dans l’organisation d’un tel événement, comment décrire ce qu’on voit grandir jour après jour dans son cœur, à travers son travail. Au début, on ne sait pas très bien où on va. Plein de fougue et d’énergie pour faire des dossiers et des tableaux, on s’organise, on essaye de ne rien oublier. On découvre émerveillé chacun des ensembles invités et le concert qu’il va jouer. Travail de fourmi de toute une petite équipe... petite mais passionnée et dont les liens d’amitié vont toujours grandissants. Il faut surmonter toutes les difficultés, trouver des solutions à toutes les situations, rencontrer ceux qui vont travailler avec nous ces quelques jours durant, avoir des idées, inventer, rire et pleurer, s’encourager, et toujours se dire « qu’on va y arriver » !

On sait que ça va être beau mais qu’il faudra attendre encore un peu de temps avant d’en profiter pleinement pour que ce soit éblouissant ! On prépare tout pour les artistes pour qu’ils soient accueillis chaleureusement, mais pas seulement... On prépare tout pour le public, pour lui offrir cette occasion unique de pouvoir assister aux concerts proposés. Parce qu’il ne faut pas seulement écouter, il faut aussi voir et regarder, entendre et admirer… Qui ne l’a jamais fait, ne peut pas s’en douter... C’est une expérience inoubliable !

Comment écouter le concert de « Jérusalem » sans regarder jouer chacun des artistes. Entendre le fracas des trompettes de Jéricho ou le chant aux morts du prisonnier juif d’Auschwitz, tout en voyant se dérouler l’histoire de la ville de Jérusalem… pour découvrir que la musique peut être messagère de paix… Un journaliste du monde disait à ce sujet :

« Éternel utopiste, Jordi Savall croit au pouvoir de la musique et montre deux exemples extrêmes : «Les trompettes de Jéricho, capables de détruire les murs de la ville, et, en 1941, le chant d'un condamné à mort à son geôlier d'Auschwitz, une prière tellement émouvante que l'officier lui laissera la vie sauve.» Deux moments intenses du concert. Le premier cas illustre le travail de recherche qui, grâce à un témoignage retrouvé dans un monastère bénédictin d'Islande, a montré que, lors de la bataille, des schofars, ou cornes de bélier d'Abraham, avaient été utilisés aux côtés des anciennes trompettes orientales, connues aujourd'hui sous le nom d'anafiles. Ces instruments, encore en vigueur dans la liturgie juive, donnent dans leur dissonance stridente une idée de la terreur provoquée alors par les assaillants. À l'inverse, dans sa bouleversante simplicité, le chant aux morts «El male rahamim», enregistré quelques années après la fin de la guerre par Shalom Katz, celui qui avait su attendrir les nazis, glace par son implacable beauté. Entre les deux s'organise en trois épisodes l'histoire de la Jérusalem juive, chrétienne et ottomane. Récitants et musiciens de toutes traditions interprètent avec leurs instruments ces musiques si proches jusqu'au XIVe siècle. «Il s'agit d'être ensemble dans la diversité sans abandonner son individualité»

Finalement, organiser un tel événement, c’est voir s’élargir jour après jour son cœur et son esprit à la musique d’un autre temps… peut-être… mais surtout tellement actuelle. C’est surtout une musique qui nous conduit, si on veut bien se laisser mener doucement, vers un chemin de paix, de beauté et de bonté, qu’on voudrait tellement partager !

samedi 15 janvier 2011

La dixième symphonie d'Agapé


Cette année, pourrait-on parler de "la dixième symphonie d'Agapé", si on assimilait à des notes de musique chaque rencontre que l'on fait lorsque l'on prépare un tel événement... ou pendant le festival lui-même ? Il retentit alors en chacun de nous comme un somptueux final !

Quel bonheur de voir tous ces visages qui, volontairement, rejoignent peu à peu l'équipe d'organisation d'Agapé...
Quel bonheur de les rencontrer ici ou là au détour d'une entrée de concert, un paquet de tracts à la main pour les distribuer...
Ou encore un visage souriant, aimable, qui entre dans les magasins ou les musées, pour demander de coller sur le mur une affiche...

Et puis, n'oublions pas tous ceux qui choisissent de parler d'Agapé à leurs amis, car ils connaissent et ils aiment... L'expérience montre qu'il suffit d'une personne passionnée pour en ramener 10 autres !

Quelle joie d'avoir régulièrement Aline, Marianne, Bernard, Irina et les autres... tous agents des artistes embarqués sur le même bateau pour que l'accueil des artistes soit parfait...
Quelle joie d'entrer dans un hôtel inconnu, de rencontrer par hasard sa directrice, conquise en 10 secondes par le projet et qui n'attend qu'une chose : loger le maximum d'artistes ! Aujourd'hui on lui assure qu'ils seront près de 30 pendant 3 nuits...
N'oublions pas la formidable équipe du BFM, les personnes responsables de l'Abbaye de Bonmont, les liens privilégiés avec le Palais de l'Athénée et la Chapelle de l'Oratoire... Toutes ces personnes avancent avec nous dans la même direction pour que l'Ame d'Agapé demeure pour les artistes...

Les visages des artistes qui sont si heureux de rencontrer le public que nous sommes tous. Certains disent que c'est leur plus beau cadeau !

Alors, je vous propose à chacun de rejoindre très vite cette belle dixième symphonie d'Agapé... Que vous soyez bénévole, organisateur, spectateur, artiste, journaliste, impresario : Les rencontres d'Agapé, c'est l'esprit d'Agapé.

mardi 11 janvier 2011

Stylus Fantasticus... Quatuor baroque


Voici, tel que le présente Juliette Roumailhac, violoniste de l’ensemble, le programme de ce quatuor baroque autour de compositeurs de la Bohême, d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne.

Le génie polymorphe Athanase Kircher décrit ainsi le Stylus Fantasticus : « une forme extrêmement libre de composition, particulièrement adaptée aux instruments, qui n’est liée à rien, ni aux mots, ni à un sujet mélodique. Il révèle le génie du compositeur et transmet le relief caché de l’harmonie ».

C’est en Italie qu’apparaît le Stylus Fantasticus, notamment sous l’impulsion de Frescobaldi, qui utilise cette dénomination pour illustrer tant la composition que l’interprétation et met en évidence son caractère virtuose et improvisé. Les musiciens, tous instrumentistes, que sont le vénitien Dario Castello, les violonistes Tarquinio Merula et Giovanni Battista Fontana ont empreint leurs œuvres de cette musique chargée d’affects.

Les nombreux voyages des musiciens du 17e siècle génèrent de merveilleux échanges artistiques, chacun révélant et renouvelant son esthétique à travers l’influence des styles étrangers.

C’est ainsi qu’en Autriche, le violoniste virtuose Heinrich Ignaz Franz Biber et Johann Heinrich Schmelzer teintent leurs œuvres de couleurs plus sombres, cela dans un contexte historique marqué par les stigmates de la famine, de la peste et de la guerre de Trente Ans.

Surnommé « le siècle d’or », le 17e siècle espagnol connaît également une extraordinaire floraison artistique. C’est dans ce contexte, qu’est né Bartolomé de Selma y Salavarde, frère augustin et bassoniste virtuose ibérique dont les voyages le menèrent des chapelles autrichiennes à Venise où il côtoya probablement Claudio Monteverdi et Dario Castello.

dimanche 9 janvier 2011

Billetterie dans les points de vente : des nouvelles...


Il est fortement conseillé, à tous ceux qui veulent se rendre dans un point de vente Resaplus, de se diriger vers les magasins Manor et les gares CFF !

En effet, le nouveau portail de réservation Resaplus : ticketportal n'est pas encore complètement opérationnel partout, notamment pour Globus, La Praille et Genève-Tourisme où une solution rapide est à l'étude !
Ceci est une information de la direction générale de Resaplus.
Un tout petit peu de patience... ou rendez-vous sur internet : là, tout va bien !
A bientôt.

Stéphanie Gueydan
Chargée de communication