Blog Agapé

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vendredi 21 mai 2010

Festival des Enfants... un tabac !


Nous avons eu beaucoup de plaisir à organiser ce festival, le premier plaisir étant celui de construire le programme, de choisir les spectacles avec le désir de proposer ce qu’il y a de mieux, de plus beau, cherchant à éduquer comme à distraire et à faire rire…

L’affluence que nous avons connue le mercredi 13 comme le samedi 15 et le dimanche 16 mai a dépassé nos espérances et nous a réjouis. Les félicitations et les encouragements des parents ont été tels que nous avons le désir de continuer et de faire mieux encore : plus de séances, plus d’artistes, plus de spectacles.

Nous remercions ceux qui ont sponsorisé le festival : les commerçants du quartier, les Enfants de l’Univers, la Loterie Romande, la Ville de Genève – Département de la Cohésion sociale, de la jeunesse et des sports. Nous remercions également la Maison de Quartier de Plainpalais pour son accueil et sa générosité.

Le conte musical était raconté, ou plutôt chanté et joué par Evelyne Moser, qui est une chanteuse et musicienne accomplie, illustrant son récit de chansons et mélodies composées par elle, s’accompagnant du violon, du psaltérion, ou de petits instruments cocasses, faisant de ce conte un récit distrayant et un concert éducatif.

Le film d’animation de Michel Ocelot, Princes et Princesses, a eu beaucoup de succès et ce ne fut pas une surprise car c’est un véritable chef-d’œuvre. Les rires des enfants à la projection du dernier court-métrage traduisaient combien ils appréciaient !

Le spectacle de marionnettes Les 2 Rois nous ont ravis… Magnifique, créatif, bien construit, c’est comme une petite pièce de théâtre. Avec 4 décors différents, de vrais chefs-d’œuvre, et des marionnettes très belles : un grand roi qui vieillit, un petit roi qui grandit…, une ogresse, une sorcière, et une jeune fille qui ressemble fort à une princesse. Et tout ce monde manipulé par une seule marionnettiste, Nathalie Roques, qui fait toutes les voix, de la grosse voix du roi à celle de la princesse ou du petit roi. Un spectacle plein d’humour et bien écrit…

Le cirque Kunos a étonné tous les enfants car ils faisaient un magnifique spectacle avec toute la famille : le Papa, la Maman, le garçon et la fille, âgés de 10 et 7 ans. Une famille qui jongle, fait des acrobaties, du vélo de cirque, de la musique… et qui nous fait rire ! Bravo pour ce cirque familial et attendrissant !

Entre chaque spectacle, une maman régalait les enfants d’un goûter, accompagné de boissons et de friandises offertes par un commerçant du quartier. Tout cela, allié à la qualité des spectacles et à une joyeuse ambiance, a fait de ce festival une réussite.

mardi 18 mai 2010

Sublime Festival


Savez-vous que la cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre est la seule cathédrale de France à posséder une Sibylle ? Le jeudi de l’Ascension, elle aura une nouvelle fois rendu son oracle à travers la magnifique journée des Riches Heures d’Agapé.

Ce sont quelque 70 musiciens et chanteurs qui se sont réunis du matin au soir pour célébrer les heures en communion avec tous ceux qui par le monde désirent œuvrer pour la paix.

Toute une journée de musique, mais aussi de poésie consacrée à Marie Noël, reconnue par Aragon, Montherlant, Colette et bien d’autres, comme la plus grande poète du 20e siècle. Le public très nombreux, plus de 1 000 pour cette journée, a pu toucher une qualité exceptionnelle d’unité où tout avait été entrepris pour permettre un vrai dialogue entre musiciens et chanteurs, laissant place aussi à des improvisations jusqu’alors jamais entendues. La musique byzantine, interprétée avec une force qui vient du plus profond de l’être par Frédéric Tavernier, était présente tout au long de la journée pour nous rappeler que la lumière nous est donnée aussi par la grande tradition de l’Orient.

Ce fut un moment particulièrement intense que d’entendre le serpent - instrument privilégié pour accompagner les chanteurs dans la liturgie et dont la première mention nous est attestée au 16e siècle à Auxerre justement - résonner de façon unique dans cette si grande nef de la cathédrale où toutes les pierres semblaient s’unir pour permettre au son de donner une splendeur unique. Mais l’émotion est aussi grande d’entendre le cornet à bouquin de Jean Tubéry répondre au chant de la psalmodie comme pour inviter à une espérance nouvelle. Et pour couronner cette journée de plénitude, la Sibylle d’Auxerre était visiblement heureuse de nous permettre d’entendre les sons mélodieux du violon de Florence Malgoire, mais aussi le timbre plus grave du basson de Jérémie Papasergio, ainsi que la magnifique orchestration de Jean-Christophe Candau dirigeant l’ensemble Vox Cantoris, sans oublier Geneviève Brunet qui nous a permis de rendre cet hommage à Marie Noël dans sa ville natale, en nous donnant les poèmes qu’elle a écrits pour les Laudes, Vêpres et Complies.

C’était terriblement audacieux de la part des organisateurs du premier Festival Agapé en Bourgogne de programmer le samedi 15 mai dans le petit village de Vitteaux, à quelques pas d’Alesia, un Récital en dialogue pour mettre en lumière la poésie de Marie Noël avec quelques œuvres majeures du répertoire du violon baroque. Le récital avait lieu à 16h et dès 15h30, nous avons vu arriver les habitants de Vitteaux et des villages avoisinants venus certes rencontrer Marie-Christine Barrault et Florence Malgoire, mais surtout tellement heureux de recevoir la musique et la poésie chez eux. N’était-ce pas la grande intuition de Jean Danet, ami du Festival Agapé, lorsqu’il créa sous l’impulsion d’André Malraux les Tréteaux de France. Il voulait donner les grands textes du théâtre dans les campagnes. Il souhaitait que le théâtre aille à notre rencontre. C’est bien ce que nous ont fait vivre ces deux artistes. Les 250 spectateurs ont été comme saisis par le génie de leur interprétation, comme si l’une nous donnait de partager sa poésie intérieure, et l’autre nous livrait la musique de son âme.

La soirée fut un véritable enchantement. Quelle joie d’entendre comme pour la première fois, alors que nous fêtons le 400e anniversaire de sa création, les Vêpres de la Bienheureuse Vierge Marie de Claudio Monteverdi. Tout concourait pour que cette soirée soit somptueuse. Lorsque Jean Tubéry arrive à l’Abbaye de Fontenay, il transmet son émerveillement : « les hommes qui ont construit de tels bâtiments avaient certainement l’intention de les construire pour l’éternité. »… et c’est bien à ce mystère de l’éternité que nous sommes introduits par la musique de Monteverdi. Jean Tubéry, connaît assurément les Vêpres. Son élan, sans aucune précipitation pourtant, donne aux psaumes et aux différentes parties de l’œuvre du grand maître vénitien, une unité, une fluidité jamais entendue. On se croirait, l’instant de rêver quelques minutes... à Venise en ce début du 17e siècle, dans cet univers si particulier où les sons viennent se mêler aux tourbillons et caprices de la mer, où les échos répondent aux sons réels pour nous emporter dans ce mystère de gloire où la Vierge Marie, bienheureuse, quitte la terre pour une demeure inconnue mais souverainement pacifiée et infiniment belle ! Le public très nombreux – l’abbatiale est comble – est emporté par la somptuosité de la musique… les chœurs, les instruments, les voix se répondent, couronnés par la majesté sublime du Magnificat, introduit par une antienne au cornet à bouquin qui touche par sa simplicité un sommet de la perfection… Nous sommes là en dehors du temps et nous retrouvons mystérieusement le génie de l’art roman présent sous nos yeux ici, à Fontenay.

Les premiers pas du Festival Agapé en Bourgogne ont été, de l’avis unanime, un très grand succès. Dans l’esprit qui est le sien, ce festival a été marqué par un climat chaleureux et amical où de très nombreuses rencontres ont pu se vivre. Les organisateurs ont été sensibles à la présence d’une bonne dizaine de frères et de sœurs de Saint-Jean venus comme des amis se nourrir de la beauté transmise avec tant de générosité par nos amis artistes. Une nouvelle fois tous ces artistes nous ont redit qu’ils considèrent le Festival Agapé comme un festival unique où ils se sentent reçus de façon privilégiée.

Et si la Sibylle d’Auxerre nous donnait à tous rendez-vous très bientôt pour nous livrer d’autres oracles qui annoncent encore La paix retrouvée.

mardi 11 mai 2010

Du Livre d'Or du Festival


  • Merci pour le Festival Agapé ! C'est tellement la lumière de l'art qui conduit à l'amour, à l'amour dans son absolu. Pour nos jeunes, c'est la voie royale. Père Marie-Dominique Philippe+.
  • On vous aime, que dire d'autre ! Le silence, le silence, le silence bruyant de l'amour. Jean Davy+, de la Comédie française.
  • Le Festival Agapé, c'est comme un écrin dans ma vie, quelque chose d'à part... on ne s'en remet jamais totalement. Laurence Blasco, comédienne.
  • Le Festival Agapé n'a rien à envier à tous les plus grands festivals d'Europe. Marcel Pérès, de l'ensemble Organum.
  • Les Festivals en Europe ont tout à envier au Festival Agapé. Jean Tubéry, de l'ensemble La Fenice.

...votre participation au Festival en Bourgogne et à Genève vous permettra de recueillir de nombreuses perles que vous déposerez précieusement dans un écrin... pour sans cesse vivre la paix retrouvée.

lundi 10 mai 2010

Derniers préparatifs...


  • Je suis impressionnée du travail énorme réalisé par toute l'équipe d'Agapé, dans la fidélité à l'esprit fondateur que nous avons reçu du père Marie-Dominique Philippe. En quelques mois, de très nombreux contacts ont été pris avec de nouveaux sponsors, de nouvelles associations qui ont accepté de travailler en partenariat avec nous. Que ce soit à Genève, mais aussi à Auxerre et Fontenay, les échos que nous recevons nous montrent combien le festival est attendu.
  • Les 7 et 8 mai, nous étions de nouveau à Auxerre pour préparer avec une vingtaine de chanteurs de la région, la journée des Riches Heures d'Agapé. Petit à petit, là aussi, des liens d'amitié se tissent et laissent entrevoir de futures coopérations pleines de promesses.
  • Savez-vous que la cathédrale Saint-Etienne d'Auxerre est la seule cathédrale en France qui possède une statue de la sibylle. Les premiers amis du Festival Agapé se souviennent très certainement du concert qu'avait donné Jordi Savall avec Montserrat Figueras sur le chant de la sibylle. Un chant prophétique, qui vient de la nuit des temps et qui annonce, au-delà des malheurs qui parfois sont décrits cruellement, des jours meilleurs... Puisse alors la longue journée de l'Ascension, qui nous fera entendre des musiques et des chants somptueux, être le reflet d'une sibylle qui annonce à tous la paix retrouvée.
  • Le blog vous a annoncé dans un dernier article les nombreux soutiens que nous avons reçus des commerçants du quartier de Plainpalais... Ils attendaient tous le Festival Agapé. Ils nous ont tous dit être si heureux d'offrir aux enfants de leur quartier ces spectacles pour les combler de joie.
  • Le 7 mai, j'ai profité de mon passage à Auxerre pour rencontrer Marianne Berthet et Irina Biovir, administratrices de l'ensemble La Fenice. Elles me faisaient part de l'immense succès qu'avaient recueilli les Vêpres de la Vierge de Monteverdi, le mois dernier au Festival de Lourdes. J'ai eu la chance de pouvoir admirer l'album photos relatant ce concert. Elles parlaient d'elles-mêmes et déjà je me prenais à rêver de ce que nous vivrions ensemble le 15 mai prochain à l'Abbaye de Fontenay. Un musicien de La Fenice témoignait après le concert de Lourdes : J'ai peut-être chanté plus de 50 fois les Vêpres, mais jamais je ne les ai chantées comme ce soir.. A Fontenay, tous saisis par la majesté du lieu, cela sera à n'en point douter encore plus beau.

dimanche 9 mai 2010

Un immense soutien


L'Association Agapé s'honore d'avoir reçu le soutien d'un très grand nombre de commerçants du quartier de Plainpalais pour la réalisation du Festival des Enfants.

Elle remercie aussi tout particulièrement la Loterie Romande, la Maison de Quartier de Plainpalais et la Ville de Genève (Département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports). Nous tenons à citer ci-dessous :

Cleopatra, Tabacs - Journaux
Boutique Andréa
Guillermo Melly - Mister Minit
Tabac Journaux Souvenirs Coelho Palmira
Restaurant - Pizzeria Des Augustins
Poisson rouge
Au Chien Bleu
L. Diliberto SA
Restaurant Au P'tit Vaudois SA
Nord-Sud - David Benassuli
Hôtel Le Prince - Fam. E. Lupini
Chocolaterie Micheli
Le Chausse Coqs
Judo-Club de Genève
Héliographie Girard
Pharmacie du Pont d'Arve
Comptoir Immobilier
Librairie Les Trois Mondes
Christophe Berger, Chocolatier - Pâtissier
Arc-en-Ciel, vêtements et Jouets
André-Marc Huwyler, Luthier
Gremion Dominique, Boulangerie
Juste en passant..., Fleurs - Bijoux - Déco
L'Epicerie Citron Vert
Romios Voyages
Chez Boubou, Boulangerie
Coiffure Pasquale & Giovanna
Atelier Bruderlin sa

mardi 4 mai 2010

Une soirée-dîner avec Marie-Christine Barrault et Florence Malgoire


Vendredi 14 mai, nous vous proposons une soirée/dîner
avec Marie-Christine Barrault et Florence Malgoire
qui, le lendemain, donneront un merveilleux Récital Poésie et Musique
en l'église Saint-Germain à Vitteaux.
La célèbre comédienne nous fera goûter la poésie de Marie Noël
tandis que la violoniste de grand renom nous enchantera de son instrument baroque.

Donc, la veille du Récital, toute une soirée avec Marie-Christine Barrault et Florence Malgoire

Or, cette soirée/dîner est une étape du Voyage culturel
que nous organisons autour du Festival Agapé en Bourgogne
et pour y participer, et bien... il faut s'inscrire !

Renseignements et inscriptions :
Marina Brière
Tél. +33 6 15 17 84 43
mail : mana.briere@wanadoo.fr

Le site www.festivalagape.org vous en dit plus !

lundi 3 mai 2010

Entretien croisé de Pierre Cao (Arsys Bourgogne) et Jean Tubéry (La Fenice) - suite et fin

Propos recueillis par Thierry Hilleriteau, journaliste - janvier 2010
(1re partie, blog du 29 avril - 2e partie, blog du 1er mai)


Avec ces Vêpres vous allez tourner dans des lieux aux acoustiques très différentes. Comment allez-vous gérer la spatialisation du son ?

Jean Tubéry – Il n’y a pas de solution idéale : cela fait trente ans que j'ai participé à mes premières Vêpres et je crois que toute recherche d’une version définitive serait vaine. Bien sûr, la tentation est grande de placer le public au milieu des deux chœurs lorsque cela est possible. Mais on a beaucoup mystifié la manière dont l’œuvre pouvait sonner à Saint-Marc de Venise, qui ne fut d'ailleurs pas le lieu de création, Monteverdi étant à Mantoue en 1610. Car le vrai problème n’est pas tant celui de l’acoustique que celui du public : il est évident qu’au moment de sa création, la musique était d’abord destinée à être entendue par les quelques dizaines de prélats assis aux premiers rangs… Le reste de l’assemblée entendait ce qu’il pouvait. Et affirmer que ces Vêpres étaient écrites pour un seul lieu serait une hérésie : cette œuvre arrive en 1610 comme un OVNI sur la planète musicale… C’est plus une carte de visite envoyée au pape qu’une œuvre exclusivement dédiée aux besoins d'une chapelle en particulier.

Pierre Cao – Nous avons la chance de connaître parfaitement tous les lieux qui nous invitent. A nous de décider ensuite, en fonction de chaque lieu, quelle sera la meilleure solution : je crois d’ailleurs que tout parti pris interprétatif a priori, qui chercherait plus à faire de l’effet qu’à servir la compréhension de l’œuvre, serait une erreur. Il en va de même chez Bach : certains motets peuvent être donnés de manière extrêmement virtuose, mais que devient alors le respect de la clarté du texte voulue par le compositeur ?

Jean Tubéry – Schütz lui-même recommandait des tempi plus modérés pour ne pas gêner la compréhension du texte dans sa musique. Chez Monteverdi, une donnée est toutefois à prendre en compte : il était aussi homme de théâtre, ce que Bach n’était pas…

Pierre Cao – C’est vrai. Mais qui peut dire avec certitude que, s’il en avait eu l’occasion, Bach n’aurait pas écrit d’opéra ? N’oublions pas qu’à l’époque de Bach, à Leipzig, toute référence directe ou indirecte au théâtre était interdite à l’église, ce qui n’était pas le cas pour Monteverdi à Venise. Faut-il pour autant en déduire que ces Vêpres, parce qu’elles citent de manière explicite certains passages de son Orfeo, appartenaient plus à la scène qu’au domaine du sacré ? Je ne le crois pas. Il est évident que chez lui le rapport au texte était tout sauf superficiel. A la différence d’un Beethoven, qui ne lisait pas le latin (ce qui ne l’empêchait pas de se laisser émouvoir par la traduction allemande), Monteverdi connaissait tous ces textes par cœur et les avait parfaitement assimilés.

Jean Tubéry – Et il ne s’est sans doute même pas posé la question. Tout homme de foi qu’il était, les conditions d’écriture d’un Monteverdi dans le domaine du sacré n’étaient pas celles d’un Palestrina : à son époque, le culte du plaisir et de la sensualité était omniprésent dans la Sérénissime, qui jouissait encore d’une certaine indépendance vis-à-vis de Rome. D’ailleurs, les Vénitiens vivaient dans un musée permanent où l’on ne s’embêtait pas à distinguer art sacré et art profane, les deux cohabitant sans complexe à l’église comme au théâtre. Imaginez-vous qu’à l’époque, un prêtre interrompant l’organiste pendant l’office était passible d’une amende !

dimanche 2 mai 2010

Invitation au voyage... culturel en Bourgogne


Vous êtes sur notre blog,
alors vous pouvez découvrir ou redécouvrir sur notre site notre invitation à participer au Voyage culturel organisé autour du Festival Agapé en Bourgogne.
au programme... Auxerre et sa cathédrale Saint-Etienne, le chantier médiéval de Guédelon, Vézelay, Semur en Auxois, Vitteaux, Abbaye de Fontenay...

Vous aimez la musique et la poésie,
alors vous apprécierez les concerts (gratuits) des Riches Heures d'Agapé, le jeudi 13 mai, jour de l'Ascension, à la cathédrale d'Auxerre,
alors vous apprécierez aussi certainement le Récital Poésie et Musique (également gratuit) du samedi après-midi... Marie-Christine Barrault lit Marie Noël et Florence Malgoire joue Bach (violon baroque).

Vous aimez Monteverdi,
alors vous n'allez certainement pas manquer le magnifique concert des Vêpres donné à l'Abbaye de Fontenay le samedi au soir.

Vous êtes de la région genevoise,
alors vous devriez vous inscrire sans tarder pour le car (+336 15 17 84 43 - mana.briere@wanadoo.fr)

Et si vous êtes d'ailleurs,
nous vous attendons sur place...

Attention : la billetterie pour les Vêpres est ouverte ! (tél. +336 71 19 29 46 ou +4176 547 97 22)
N'attendez plus si vous désirez les meilleures places !

Vite à vos téléphones et mails ! Et surtout, venez avec vos amis !


samedi 1 mai 2010

Entretien croisé de Pierre Cao (Arsys Bourgogne) et Jean Tubéry (La Fenice) - suite

Propos recueillis par Thierry Hilleriteau, journaliste - janvier 2010
(1re partie, voir blog du 29 avril)


Vous évoquez le problème des effectifs vocaux. Quelle solution allez-vous privilégier ?

Pierre Cao – C’est une question essentielle car elle conditionne de nombreux paramètres d’interprétation. Autant, d’ailleurs, en termes d’équilibres ou de nuances qu’au niveau des tempi. Faut-il changer de tempo quand les effectifs changent ? Je me pose souvent la question car je ne suis pas un adepte de ce genre de changements, surtout s’ils servent un effet théâtral plus qu’un propos musical et sont destinés au faire-valoir du chef plus qu’à celui de la partition. C’est un problème qu’on retrouve également chez Bach. Car comment enchainer de manière cohérente certains numéros de cantates écrits pour continuo et voix de solistes avec les chœurs qui suivent, en ayant recours à un chœur de quarante chanteurs ?

Jean Tubéry – Elle est d’autant plus essentielle qu’elle fait toujours polémique. Chœur ou ensemble de solistes ? Pour ma part, je serais plutôt «fromage et dessert»… A condition que les deux s’accordent, bien sûr. C’est dans cet esprit que nous avons distribué les parties, en alternant des parties purement solistes, interprétées comme à l’époque par des favoriti détachés du chœur, et des parties à deux ou trois par voix, ce qui permet un compromis idéal entre la transparence des soli et l’épaisseur des tutti.


A quelles sources vous êtes-vous référé pour l’instrumentation ?

Jean Tubéry – Avant tout à la partition originelle. Elle ne comporte que peu d’indications au niveau des doublures vocales ("colla parte"), à l’exception des registrations pour orgue. Celles-ci sont d’une aide précieuse, car elles font apparaître de manière explicite l’alternance des tutti et des soli, n’hésitant pas à suggérer jusqu’à trois registrations superposées pour certains passages. Dès lors, le besoin de doubler les effectifs vocaux ou d’utiliser un instrument en guise de doublure se justifie. Nous nous sommes également inspirés de l’instrumentarium de vêpres contemporaines (celles d’Amadio Freddi de 1616 notamment), ainsi que des écrits de plusieurs compositeurs étrangers (allemands principalement), qui avaient visité Venise à cette époque et nous en disent en fait plus sur cette musique que les Vénitiens eux-mêmes…


Jean Tubéry, puisque c’est à vous qu’incombe la direction de cette production, dirigerez-vous du cornet à bouquin comme vous l’avez fait par le passé sur l’Orfeo ?

Jean Tubéry – Bien sûr : dans les Vêpres le cornet est irremplaçable. C’est en quelque sorte l’emblème de la partition, et sur lui repose une partie du brillant de l’œuvre. Ce n’est pas un hasard : l’instrument connaissait alors une véritable apothéose, et les cornettistes de l’époque étaient tous des musiciens d’exception. Il est intéressant de voir que sa disparition s’accompagnera par la suite le développement des autres instruments : le violon, le hautbois, la trompette qui ne se contente plus d’être un instrument militaire… Comme si on avait voulu scindé les qualités sonores du cornet à bouquin en éléments distincts, pour les projeter dans ces instruments solos en devenir.

Pierre Cao – Il n’y a pas tellement d’instruments qui ont disparu comme cela : c’est un cas unique dans l’histoire de la musique. On en retrouvera par la suite, mais de façon très diffuse. Bach, par exemple, le sollicite de temps à autre. Puis, plus tard, le répertoire du XXe siècle bénéficiera de sa redécouverte, et sa sonorité fascinera à nouveau les compositeurs.

Jean Tubéry – Pierre ne croit pas si bien dire : lorsque l’on remonta l’Orfeo pour la première fois en 1956, on trouvait dans la distribution un certain cornettiste du nom de… Paul Hindemith !

A suivre...

jeudi 29 avril 2010

Entretien croisé de Pierre Cao (Arsys Bourgogne) et Jean Tubéry (La Fenice)

Propos recueillis par Thierry Hilleriteau, journaliste.
Janvier 2010


Entre le chœur Arsys Bourgogne, l’Ensemble La Fenice et l’office des vêpres, c’est déjà une longue histoire…

Pierre Cao – Effectivement : la première collaboration entre nos deux ensembles (je parlerais en fait plus volontiers de mutualisation des forces) remonte à 1999. Et devinez avec quel programme… : les Vespro della beata Vergine de Monteverdi. Ce n’est donc pas une première, mais cette fois l’initiative vient de Jean et de La Fenice alors que le projet, il y a dix ans, était de notre fait. C’est donc un juste retour des choses, si vous voulez.

Jean Tubéry – De fait, nos collaborations ont toujours été centrées sur les Vêpres, puisqu’après Monteverdi nous nous sommes retrouvés sur les Vêpres pour le père La Chaize de Pierre Menault. Il s’agissait d’une autre démarche, la défense du patrimoine français, mais dans un univers similaire : ce format des vêpres, que l’on rencontre en permanence dans la musique des XVIIe et XVIIIe siècles. Sans doute parce que c’est, de tous les offices, celui où l’on retrouve les textes les plus contrastés, et toutes les métaphores chères à l’esprit du baroque.


Sur le plan personnel, quel est votre rapport à l’œuvre ?

Jean Tubéry – D’abord, pour La Fenice, il s’agit d’une œuvre programmatique. C’est en effet l’une des rares partitions qui concerne tous les instrumentistes sans exception (et à part égale), incluant des parties obligées aussi bien pour les cordes que pour des pupitres habituellement moins mis en valeur, comme le cornet à bouquin. Pour moi qui suis cornettiste de formation, elle a de ce fait des résonances particulières : j’ai eu de nombreuses occasions de la jouer avant de la diriger. D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, Pierre Cao et moi-même nous étions déjà rencontrés autour de cette œuvre, bien avant la collaboration de nos deux ensembles en 1999. C’était en 1990, sous la direction de Bernard Foccroulle. Mais n’est-ce pas le propre des grandes œuvres que d’interpeller les musiciens tout au long de leur carrière ?

Pierre Cao – Je n’ai pas un rapport aussi intime à ces Vêpres, même si je dois reconnaître que les avoir abordées pour la première fois avec des musiciens tels que Bernard Foccroulle fut effectivement une expérience marquante. Mais Monteverdi ne m’est pas aussi proche que Bach, qui restera la clef de voûte d’Arsys, et au travers duquel s’est construit le son du chœur. Il est d’ailleurs probable que je ne dirigerai plus ces Vêpres en concert : n’y voyez aucune fausse modestie mais il me semble aujourd’hui que mon devoir est de mettre en face d’Arsys les personnalités artistiques les plus à mêmes de diriger un répertoire. En l’occurrence, Jean Tubéry est pour cette œuvre un interlocuteur hors pair. Qui connaît en plus parfaitement les caractéristiques du groupe, dans ses moindres qualités mais aussi dans ses propres limites.


Comment allez-vous mettre à profit ces caractéristiques inhérentes au groupe ?

Jean Tubéry – Avec Arsys, Pierre Cao m’offre un instrument qui répond à merveille. Réflexes, cohésion vocale, équilibres… Tout est déjà là. Comme si l’on me servait sur un plateau d’argent un ensemble fort de dix années de maturation. Ce répondant est essentiel dans une partition comme les Vêpres où rien n’est jamais acquis, et encore moins écrit à l’avance. C’est comme interpréter à partir d’une page blanche : que vous l’abordiez pour la première ou la centième fois, il y a tout à faire et à décider en fonction des forces qui vous sont imparties. Y compris, d’ailleurs, en termes d’effectifs. En outre, collaborer avec un chœur non spécialisé comme Arsys me permet d’avoir une ouverture d’esprit et une souplesse, que l’on perd avec les ultra-spécialistes. Cette souplesse permet d’aller encore plus loin, de fuir la facilité… Bref, de poursuivre ce travail de défrichage qui est la raison d’être de La Fenice. Même dans une œuvre aussi connue et entendue que les Vêpres.

Pierre Cao – Pour ma part, je suis ravi qu’Arsys collabore à nouveau avec l’Ensemble La Fenice. Non seulement avec ses musiciens, mais aussi avec ses « Favoriti », ensemble vocal de haut niveau qui s’est nouvellement adjoint à l’orchestre et qui interprétera ici les parties de solistes aux côtés des chanteurs d’Arsys. Je veux que mes chanteurs puissent profiter d’un maximum d’expériences. Arsys est plus important que Pierre Cao. Je veux dire par-là que chacun, y compris moi-même, doit être en mesure de mettre son ego de côté et de profiter de chaque nouvelle rencontre pour se remettre en question.

A suivre...

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mercredi 28 avril 2010

Conte musical


Mercredi 12 mai / 16h / à partir de 4 ans
Maison de quartier de Plainpalais (1, rue de la Tour, Genève)

Il était une fois Ferdinand le chat qui savait chanter et jouer de la musique. Il avait plein d’amis : Edouard le loir, Joséphine l’araignée, Vincent le coq, Raymond le mulet, Clotilde la chatte, Hubert le bourdon, Gondovald le rouge-gorge, Balthazar le lézard, Gertrude la pierre…. qu’il présenta à son amie Henriette la bergère, au son du violon, du tympanon, des percussions, et de peut-être encore d’autres instruments que seuls connaissent les chats et les bergères…

Notre bergère, c’est Evelyne Moser, cette jeune musicienne, spécialiste de musique et de chansons du Moyen Age, qui se fait tour à tour princesse, conteuse ou comédienne, chanteuse ou troubadour, et qui joue de tant d’instruments qu’on la croirait magicienne.

Ne manquez pas ce moment exceptionnel et venez avec vos enfants écouter Henriette, la bergère, dans Chansons et contes animaliers pour les petits.

mardi 27 avril 2010

Cela peut vous intéresser...


Vous n’arriverez pas à « bloquer » comme on dit les quatre jours du mercredi 12 mai au dimanche 16 mai pour participer au Festival Agapé en Bourgogne. C’est compréhensible ! Mais, cette journée des Riches Heures d’Agapé vous intéresse….
Nous avons une solution pour vous !

Un voyage rapide à Auxerre en deux jours (les 12 et 13 mai)

Venez à Auxerre le mercredi matin 12 mai (un départ en bus est prévu à 8h30 de Genève). Vous arriverez à Auxerre à midi et aurez le loisir de visiter cette ravissante cité, sa cathédrale, ses nombreuses églises, ses négoces, son palais épiscopal….

Dans l’après-midi, vous pourrez assister à la répétition de nos chanteurs avec l’ensemble Vox Cantoris à la cathédrale Saint-Etienne à 17h.

Après une nuit tranquille sur place, la journée des Riches Heures ne vous laissera que de minimes évasions ! Un départ en bus sera prévu dès 18h30, pour rejoindre la Cité de Calvin vers 22h30.

Renseignements et inscriptions :
Ariane Schwizgebel (email : festival.agape@bluewin.ch)

lundi 26 avril 2010

Deux instruments de musique à découvrir


L’ensemble Vox Cantoris (5 chanteurs professionnels) chantera tout au long de la journée des Riches Heures d'Agapé, le 13 mai à la cathédrale d'Auxerre, accompagné par un serpentiste.

Ce joueur de serpent, un instrument de la famille des cuivres qui aurait été découvert…. justement à Auxerre en 1590 par le chanoine Edmé Guillaume, sera omniprésent tout au long de cette journée de l'Ascension. Sûrement pour vous une découverte. Cet instrument accompagnait les chanteurs et était particulièrement présent dans la musique religieuse.


Jean Tubéry, en résidence d’artiste depuis plusieurs mois à Auxerre, qui a motivé l’organisation de cette journée des Riches heures d’Agapé dans la ville yonnaise est un éminent spécialiste du cornet à bouquin.

Cet instrument dont il est un des très grands interprètes était considéré au 17e siècle comme l’instrument de la dévotion, un terme que l’on ne comprend plus très bien aujourd’hui, mais qui exprimait quelque chose du sentiment religieux qui pouvait s’exprimer par la musique.

Cet instrument également sera particulièrement présent tout au long de cette journée des Riches Heures, introduisant un office, répondant aux voix, ou s’élançant lors de la communion des fidèles (messe) dans des mélopées très libres et empreintes d’improvisation.

mercredi 21 avril 2010

Princes et princesses (tout public)


Un garçon et une fille se retrouvent chaque soir dans une salle de cinéma désaffectée. Un vieux projectionniste leur ouvre les portes du Spectacle. En six séances, ils inventent des histoires merveilleuses qui les transportent à travers les siècles et les frontières.

La princesse des Diamants, La Sorcière, La Reine Cruelle et le Montreur de Fabulo, Le Garçon des Figues, Princes et princesses sont les titres des six contes. L’originalité de Michel Ocelot est d’avoir utilisé le jeu des ombres ce qui met encore plus en lumière la finesse des dessins extraordinaires par leur richesse et leur simplicité, la qualité des récits, la poésie des dialogues, l’imagination des décors et des situations.

Voici ce que nous confie Michel Ocelot, l’auteur réalisateur :

J’aime beaucoup lire les contes, explique-t-il. Surtout ceux qui ne sont pas très bons. Comme ça, je peux les améliorer ! Andersen ne m’intéresse pas parce qu’il a atteint la perfection. Je ne peux donc pas utiliser son œuvre. C’est le minerai qui m’intéresse. J’en sors les pépites pour en faire des bijoux (Le Figaro, 26 janvier 2000).

Ce sont six courts métrages, six contes, six récits géniaux de Michel Ocelot, réalisateur de Azur et Asmar (projetés au précédent festival) et de Kirikou et la Sorcière.

J’ai choisi de programmer ce film, parce que j’ai remarqué combien les enfants, même tout petits sont fascinés par ces contes, et les écoutent inlassablement; c’est un peu comme si Michel Ocelot leur racontait une histoire, à eux, personnellement.